Loi El Khomri

Loi El Khomri : ce qu’il faut retenir

Avec plus de 224 000 personnes comptabilisées par les autorités à travers la France contre 450 000 par les organisateurs, le 9 mars dernier a été un jour off pour le pays. Afin de manifester un mécontentement ambiant, étudiants, salariés, syndicats et acteurs du monde du travail se sont réunis dans les rues, pour que le texte de loi El Khomri visant une réforme du monde du travail soit revu pour satisfaire tout un chacun. Ainsi, que faut-il retenir deux semaines plus tard, une fois ce texte revu, et comment cela se traduit-il pour le salarié ?

Les heures supplémentaires sévèrement revues

Si de nombreux points sont concernés par la réforme des conditions de travail dans l’Hexagone, certains méritent que l’on s’y attarde. En effet, les Français sont très attentifs en ce qui concerne leurs conditions de travail, et il a bien raison ! On a tous en tête le crédo de l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy, qui avec son « Travailler plus pour gagner plus » avait su décrocher de nombreuses voies pour son accès à l’Élysée.
Cependant, voilà qu’aujourd’hui, par simple accord, une entreprise pourra revoir les avantages perçus par le système d’heures supplémentaires. En effet, si jusqu’alors les heures supplémentaires voyaient une augmentation de 25% appliquée sur les 8 premières heures effectuées, et 50% pour celles qui suivent, cette réforme permettra de réduire cette augmentation à 10%. Cependant, cette réalité ne sera appliquée qu’en présence d’un accord clairement explicité, faute de quoi l’ancien système restera appliqué.
Ainsi, le gouvernement affirme que « demain comme aujourd’hui, les heures supplémentaires doivent être payées avec une majoration. C’est essentiel pour préserver le pouvoir d’achat des salariés. » Cependant, on est en droit de se demander si le jeu en vaut toujours la chandelle…

Licenciements et indemnités repensés

Plus encore que la répercussion pécuniaire des heures supplémentaires, ce sont les indemnités prud’homales qui inquiètent les syndicats de salariés. En effet, si jusqu’alors la loi prévoyait qu’en cas de licenciement abusif l’entreprise devait prendre en compte de nombreux critères pour évaluer à quelle hauteur dédommager l’employé lésé, aujourd’hui la loi prévoit un plafonnement équivalent à 6 mois de salaire pour un employé de moins de 5 ans d’ancienneté, contre 15 mois pour un salarié de plus de 20 ans d’ancienneté.

Si actuellement les motifs de licenciement économique devaient être justifiés par une situation alarmante de l’entreprise, le projet de loi prévoit lui que seuls quelques mois suffiront pour opter pour cette décision drastique. Les syndicats craignent un certain laxisme de la part des chefs d’entreprises, qui pourraient sauter sur l’occasion pour éclaircir les rangs.

Une affaire à suivre donc, qui touche directement aux privilèges accordés à l’employé, pour sécuriser les employeurs et PME, qui sont encore fragilisés par la crise économique de 2008. Une décision étatique qui aspire à rétablir la situation du pays en commençant par le cadre de travail et les employeurs, mais  qui inquiète les syndicats et défenseurs des droits des salariés.

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